Crédits Photo de Pirlouiiiit, Fiche de l’artiste, ConcertAndCo.Com, du concert de Marseille le 30/03/2010

Petit résumé de mon mari :

Cela faisait quelques mois que nous attendions ce concert, puisque nous avons acheté les places très tôt, pour être le mieux placés possible. Résultat : au premier rang, légèrement décentrés ! Nous connaissions notre placement avant, mais en s’asseyant (juste avant l’extinction des lumières, merci aux bouchons en ville, et l’énorme difficulté pour trouver une place de stationnement…) nous nous sommes réellement rendu-compte de notre proximité avec les artistes. 4-5 mètres, pas plus. Parfait pour en profiter pleinement !

Revenons quelques instants sur le passé de cette interprète. À l’âge de 19 ans, Melody Gardot, alors pianiste de bar, est victime d’un accident de la route. Alors qu’elle circulait à vélo, elle est renversée par un 4×4. Elle survit, mais brisée. Coma profond, polytraumatismes et lésions cérébrales aggravées, elle subit 18 mois d’hospitalisation et doit tout réapprendre, même les tâches les plus simples (marcher, se brosser les dents, etc…). Un médecin lui suggère la musicothérapie. Elle passe alors à la guitare, car son dos est bloqué. Elle enregistre quelques chansons sur son lit d’hopital, dont une qu’un ami diffusera sur internet, et qui fera un énorme buzz. Depuis, elle a su s’entourer et se construire une grande carrière, alors qu’elle n’a aujourd’hui que 25 ans. De son accident, elle a gardé des séquelles (une canne, des lunettes noires pour la protéger de son hypersensibilité à la lumière, des problèmes de mémoire à court terme). Miraculée est un terme qui lui va bien.

Le concert commence donc avec une belle improvisation du groupe (composé d’un saxophoniste, d’un percussionniste, d’un contrebassiste et bien sûr de Melody Gardot, une version plutôt intimiste et «jazz de chambre» donc), ombré par un voile, qui donne l’impression de se trouver face à des ombres chinoises. Puis le voile tombe, et Melody enchaîne sur la première chanson, «The Rain», assise au piano.

Melody se présente dans son style habituel de femme fatale, robe rouge échancrée, talons hauts, bas résilles, rouge à lèvres, lunettes noires. Belle paire de jambes d’ailleurs !

Elle fait régulièrement quelques petites interventions entre les chansons, mélangeant anglais et français. Elle passe du piano à la guitare, puis en solo, avant de revenir à ses instruments fétiches.

Jazz, bossa nova, et même une petite incursion vers le rock l’espace de quelques secondes avec le «You really got me» des Kinks pendant l’incroyable arrangement de «Worrisome heart», rendant la chanson totalement différente de la version de l’album, Melody sait mélanger les genres.

On retiendra également la chanson exécutée en solo au piano «Love me like a river does» (déjà magnifique en studio), et «Who will confort me» dans laquelle elle met le public à contribution pour frapper dans ses mains ou chanter.

N’oublions pas non plus la belle part laisser aux musiciens, avec les solos du saxophoniste (qui souffle dans deux saxos à la fois !), et de l’excellent contrebassiste (vu la dextérité de ses doigts, il doit être redoutable au tricot !). Le percussionniste n’était pas en reste, il s’est levé pour jouer au milieu de la scène avec un tambourin pendant un solo du saxo, en chaussettes ! Relax !

Melody nous offre également quelques pas de danse pendant les parties musicales, sensuelle la Melody (sa canne semble être d’ailleurs plus un accessoire qu’une réelle nécessité, flagrant lorsqu’elle parvient à s’accroupir sur ses talons aiguilles) !

Nous aurons également droit à une superbe reprise d’une de ses chansons préférées : «Caravan» de Duke Ellington.

Après un premier départ, elle revient pour un rappel a capella avec le «No more my lord» qu’Alan Lomax avait fait interpréter par une femme en prison, le tintement de ses chaînes aux pieds étant reproduit par le gros bracelet de Melody, fascinant… et triste à la fois…

Finalement, le concert s’arrêtera là, un peu court à notre goût (1h30 seulement, et nous n’avons pas eu droit à une reprise qu’elle interprète fréquemment : «La chanson des amants», de Jacques Brel…), mais quelle artiste, et quelle ambiance suave, douce, intime. Un concert vraiment réussi, malgré sa faible durée.